Depuis les dernières semaines, des liens très forts se sont tissés avec mes élèves. Ils appréhendent déjà mon départ avec tristesse, mais ils n’ont aucune idée que moi aussi, juste à penser à cette séparation, je ressens ce même sentiment. En fait, je dois m’y faire à l’idée, les séparations ont toujours été pour moi le pire des obstacles à confronter, mais celle-ci je la préparerai avec soin plutôt que de l’éviter en disant un très vite «Au revoir!». Tranquillement, je mets sur pieds un spectacle de fin d’année que je veux monter avec les élèves : chant, danse et théâtre seront à l’honneur. Je compte aussi y inviter les familles pour participer à cette journée toute spéciale! J’ai un but bien précis : faire vivre à chacun un moment de réussite. L’espace d’un moment, ils pourront, malgré leurs occupations que demandent à tout instant la vie de famille burkinabé, profiter de leur petite vie d’enfant! Plus les jours passent, plus je vois chacun d’eux s’épanouir davantage en venant à l’école, même qu’ils arrivent près d’une heure trente avant le début des cours du soir pour venir me parler, jouer au ballon et travailler au tableau leur leçon. Pourquoi leur refuser? Ils ne sont pas conscients, mais leur sentiment d’appartenance à leur groupe et leur école devient de plus en plus précieux! C’est ce que j’espérais!
jeudi 13 mai 2010
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